Mise en avant

Composer de la musique

Comment on s’y prend ?

Je ne parle pas de l’industrie musicale (ça, c’est une autre affaire), mais de la discipline qui consiste à devenir « inventeur », « chercheur » musical. Trouver des sonorités, les capturer, les combiner, les arranger et les diffuser. Cela demande beaucoup de soin et de patience.

Avoir un projet en tête

Tout d’abord il faut en avoir envie. Voire même en rêver . Avoir le sentiment d’avoir quelque chose à raconter, le pressentiment de pouvoir y arriver. Au tout début du commencement, c’est à soi, et uniquement pour soi.

Je précise qu’il s’agit souvent d’un sentiment très flou, vague, des fois je n’ai aucune idée de ce que je m’apprête à faire. Ce que je veux, c’est chercher. Alors je pars à la chasse, comme un chien, je flaire un peu partout dans les coins, à l’affût de la moindre trace intéressante que je puisse développer-ou pas !! échouer est une habitude à prendre, ça prouve qu’on a essayé, et de temps en temps, paf ! on tient un bout de quelque chose.

Alors quand on tient ce bout de quelque chose, allez hop! faut le mémoriser. Plusieurs choix :

L’écrire.

un de mes cahiers , j'adore les cahiers . Crayon à papier jaune fluo
un de mes cahiers , j’adore les cahiers . Crayon à papier jaune fluo.

L’enregistrer.

Enregistreur Zoom H4N

L’écriture

le solfège, c’est pas obligatoire

Le principal est d’arriver à se relire, et de comprendre ce qu’on a écrit. Si on joue sa musique tout seul, une excellente mémoire peut suffire. Si la musique est destinée à être interprétée par quelqu’un d’autre, alors il faudra s’y coller mais ça peut être très amusant.

Harold Feinstein-Boardwalk Sheet Music Montage 1952
les postillons du trompettiste Isa Omer

S’enregistrer

N’importe quel petit enregistreur fera l’affaire pour mémoriser une idée.

Mais pour avoir du « son » et faire de la « musique », il faudra bien sûr s’équiper un peu, et.. avoir beaucoup de patience ! c’est une activité chronophage, alors si on a du temps, c’est parfait, hein? mais si on est déjà bien occupé, il faudra bien s’organiser.

On peut y passer des jours et des nuits entières sans s’en rendre compte, c’est mon cas ! Et le résultat n’est pas toujours celui qui était escompté. C’est une véritable aventure avec des hauts et des bas. Parfois on s’éclate mais on se prend bien la tête aussi !

Le materiel qui fait des caprices

Le matériel se met à dérailler, sans qu’on comprenne pourquoi. On fait de fausses manip, on oublie d’enclencher tel ou tel bouton, on passe des heures à chercher comment on s’y est pris la veille, quand tout marchait bien..

mais voyez-vous, je ne suis pas balèze techniquement, et pourtant, j’y arrive toujours ! Alors si on a « la musique dans la peau » et qu’on souhaite devenir compositeur, qu’à cela ne tienne! on y arrivera , c’est sûr.

Philips EL3302, premier magnétophone à cassette dans les années 70





Oser faire écouter

On peut rester seul dans sa caverne et ne rien dévoiler de ce qu’on fabrique, c’est un choix personnel. Mais ce n’est pas très judicieux.

Allez, un peu de courage, faire face aux critiques des proches pour commencer est assez satisfaisant.

Un peu trop, même ! Les gens qui nous aiment sont très souvent très conciliants, rassurants, « ils adorent ce que tu fais », ou bien ont des remarques superficielles qui ne font pas forcément avancer le travail: « C’est super, continue !  » on est flattés, et comme on a le nez dedans, on est décidé à le croire.

Oui, mais… on ne progresse pas, on ne se corrige pas, on n’insiste pas assez, et finalement on perd en créativité et en qualité.

Entendre les critiques

Les accepter, tenter de les comprendre, c’est pas ce qu’il y a de plus facile, effectivement. De plus, les musiciens sont tous très différents, les goûts sont subjectifs, on n’a pas tous la même culture, et bien qu’on sache qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, l’ego peut en prendre un sacré coup.

Franchement, c’est un risque à prendre.

Ce n’est pas tant le professionnel de la musique qui est à blâmer, mais dans ce milieu, peu d’entre eux oseront vous faire des remarques constructives. Un « c’est pas mal » n’est pas suffisant.

N’hésitez pas à vous exposer et demander à ce qu’on soit sincère avec vous. Le mieux est de poser les questions constructives qui vous chiffonnent : « cette note-là est-elle bien placée? ce son est-il suffisamment audible? si-j’augmentais le volume de la guitare , ce serait plus dynamique?  » enfin.. les questions que vous vous posez sans doute déjà.

Oui, mais c’est pas fini, hein?

Très souvent d’ailleurs, on fait écouter un morceau qu’on dit »ne pas être encore terminé »: le mixage n’est pas fini, on n’a pas encore trouvé les bons effets, il manque les chœurs ou on le fait écouter sur un portable , vite fait.. demandez à ce qu’on prenne tout ceci en considération mais sans trop insister. Si l’idée est bonne, quelqu’un d’avisé le reconnaîtra sans problème.

Le pire qu’il puisse arriver, soyons honnête, c’est que votre oeuvre passe totalement inaperçue! D’ailleurs, John Cage en a fait une oeuvre monumentale , laissez-moi vous la faire découvrir ci dessous :

pas mal, hein? quel prodige !

https://fr.wikipedia.org/wiki/4%E2%80%B233%E2%80%B3

S’inspirer mais pas copier

On n’invente jamais rien de vraiment nouveau, de toutes façons! nous sommes imprégnés de tout ce qui nous entoure, nous sommes les héritiers des générations précédentes et même d’avant . Alors, pas de complexe, si on vous dit que ça ressemble à untel , que ça sonne comme ceci ou cela, c’est très bien car c’est normal.

Attention aux droits d’auteurs

Arrangez-vous pour ne pas tomber dans la copie conforme, restez vous-même et soyez sincères. L’honnêteté est la plus efficace des trajectoires, votre authenticité est votre signature. Personne ne se ressemble parfaitement, cela n’existe pas! un défaut peut devenir une qualité si on l’assume, ce qui est considéré comme laid peut devenir d’une grande beauté dans un autre contexte.

En gros, il faut renoncer à la perfection et avancer. Un chef d’oeuvre demande du temps consacré, une implication totale. Chaque morceau composé est un exercice de plus qui mène à la maturité artistique !
Le génie est le résultat d’énormément de travail, ce n’est pas un secret.

En duo ou en groupe

Si vous avez des complices avec qui vous partagez la création, prenez soin de ces personnes, de leurs émotions, soyez reconnaissants et indulgents. On est une équipe ou on l’est pas.

c’est pas toujours simple, je le reconnais…

Se fixer un objectif commun et s’y tenir , non, ce n’est pas simple. On ne peut échapper aux tensions, la déception, la fatigue..c’est naturel, alors pas de drames inutiles. Les artistes sont des êtres extrêmement sensibles, qui n’ont pas perdu leur âme d’enfant. La solidité d’un groupe passe par l’épreuve de la patience, de la confiance.

En revanche, si le courant ne passe pas, alors oui, il faut recommencer .

Au service de la musique

Remonter une équipe n’est pas toujours facile, mais c’est possible heureusement ! quand on a l’impression d’avoir perdu du temps, d’avoir tout à reprendre à zéro, eh bien ce n’est vrai: on a un peu plus d’expérience, autant s’en servir pour ne pas commettre les mêmes erreurs. En effet, les responsabilités sont partagées, dans l’échec comme dans le succès. Etre bien clair dès le départ, se mettre tous au service de la musique sans exception, c’est primordial ! on peut être moins bon techniquement, mais devenir tout à fait indispensable.. ce sont les qualités humaines qui font les groupes les plus heureux. Et la musique en sera encore plus belle !

les Rolling Stones, ou les papys du rock n’ roll.. 50 ans que ça roule !

Partagez avec moi vos expériences en me laissant un message.

Mise en avant

Un peu de matos…

Ben il en faut un peu quand-même !

Je me suis contentée longtemps d’un vieux logiciel, d’un petit ordi et de deux enceintes un peu minables. Aujourd’hui, ce n’est plus suffisant.

C’est simple, il m’a suffi d’entendre mon travail sur les enceintes du studio du conservatoire pour admettre que la qualité n’y était pas. Quand je pense au temps passé à composer, le nombre d’heures enfermée dans la quasi obscurité d’une bulle de satisfaction chronophage, pour finalement considérer cette euphorie ancienne comme étant naïve, juvénile et sans consistance : pas d’épaisseur, ni de finesse, ni de profondeur, ni de légèreté, et dans cet espace-temps devenu gris, mais d’un gris sans reflet ni nuance, l’envie de plonger dans le vif du sujet est devenue essentielle.

Alors c’est décidé, j’ai opté pour une paire d’enceintes actives de proximité, une carte son, un ordi puissant, le dernier logiciel musical mis sur le marché, et … c’est tout !

Zoom R16, et enceinte Focal shape


Ah oui, il me faudra aussi une nouvelle paire d’oreilles car j’ai du mal à entendre certaines fréquences aiguës, certainement perdues dans l’habitude d’écouter la musique à fond dans mon casque pourrave, mais aussi trop près des baffles pendant les répétitions et les concerts rock.

Allez ! en attendant de diffuser cette fameuse musique que je me crois capable de créer, je propose une oeuvre de Bernard Parmeggiani que j’affectionne particulièrement … parce que sincère, drôle, culottée : « Du pop à l’âne » !

Bernard Parmeggiani 1927-2013

J’aime beaucoup ce bidouilleur. Il fait partie de mes préférés. « Entre-temps » ci-dessous est très agréable à écouter, j’y perçois de l’humour, de l’audace, et je m’y réfère souvent. J’aurais le plaisir d’en reparler. En attendant, avec mes nouvelles enceintes, c’est encore plus chouette !

ci dessous , « home » est le lien de son site Cliquer dessus.



https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Parmegiani

Et bien sûr, n’hésitez pas à me laisser un commentaire si vous avez des questions, je me ferais un plaisir d’ essayer d’y répondre !

Mise en avant

Monteverdi /Jaroussky

Une très jolie découverte …

 

J’ai rencontré Claudio Monteverdi en cours d’histoire de la musique. Un sacré bosseur le type. Il a eu raison ! grâce à lui, Philippe Jaroussky brille sur scène ! l’ensemble Arpeggiata a mis son talent au service de ce magnifique contre-ténor, et le jazz leur va si bien…admirons le son du cornet à bouquin!

 

Ci-dessous les liens du site des artistes. Pour en savoir plus, il suffit de cliquer dessus

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudio_Monteverdi

http://www.philippejaroussky.fr/

https://www.arpeggiata.com/

Ohimè ch’io cado

Cette monodie italienne aurait été éditée en 1624. Ci- dessous un aperçu d’une partition beaucoup plus récente de ce magnifique madrigal.

 

 

Un As de la musique électroacoustique

AKE PARMERUD

Image associée

AKe Parmerud est suédois. Né en 1953,  il est devenu compositeur de musique électroacoustique dans les années 70, et je dois dire que ce « grand »monsieur a un énorme  talent ! 

Ses œuvres lui ont valu plusieurs prix internationaux, ainsi que dans son pays. Il semblerait qu’il soit le plus célèbre des performeurs acoustiques et multi-médias scandinave de notre époque, donnant des représentations à travers le monde.

Mais ce n’est pas ce qui compte à mes oreilles. Ce qui compte, c’est la modernité, la qualité de ses compositions. Élégante, raffinée, sa musique est une bouleversante déclaration d’amour aux arts sonores. Voici pour preuve ce magnifique titre : « Grains of Voices », splendide voyage à travers le monde grâce aux voix qu’il  a collectées. 

GRAINS OF VOICES

  Ceci est un cadeau. Cela s’écoute comme  on regarde un film.  On ne s’y ennuie à aucun moment, la précision de la matière, la superposition d’événements, le rythme, la diversité des intentions, tout y est! Composée en 1995, comment ne l’ai-je pas entendue plus tôt? 

LA VIE Mécanique

Une autre superbe composition, entièrement  générée à partir de bruits mécaniques, d’avions, de trains est également captivante.

 

ET LE POLYSTYRÈNE ALORS ?

En voilà une bonne question! Et pourquoi pas? 

On connait tous le bruit que fait ce matériau, on a tous joué avec au moins une fois, à l’instar du papier-bulles dont on ne peut s’empêcher de faire claquer les alvéoles cloquées entre ses doigts. Le polystyrène a un son rugueux très reconnaissable, et Mr Parmerud n’a pas hésité à en tirer profit.

Vraiment très original !

 

J’aime la générosité de ce gars, son inventivité et sa disponibilité.

Il a pris la peine de répondre à un mail que je lui ai envoyé, concernant l’usage, dans une de mes compos, de cours extraits tirés de ses œuvres. En effet, j’envisage de lui emprunter- à des fins pédagogiques dans le cadre de mon cursus DEM en composition contemporaine- deux secondes d’une de ses pièces que j’aurai le plaisir de vous faire découvrir après sa diffusion en mai prochain.

Pourquoi lui piquer un son? parce que techniquement, j’ai été incapable de fabriquer une sonorité aussi puissante, aussi musicale que lui.

Oh, à peine deux secondes, mais en musique acousmatique, deux secondes, c’est énorme ! 

Pour en savoir plus sur cet artiste, voici donc l’adresse de son site officiel:

http://www.parmerud.com/

Avec toute mon admiration.